Publié le 14 avril 2015

Le paysage de l’emploi a considérablement changé ces 30 dernières années, comme le pointe la récente étude de la DARES, qui se proposait d’interroger « l’évolution de la structure de l’emploi par qualifications » depuis le début des années 1980. Un prisme original qui révèle une forte progression des métiers les plus qualifiés (informaticiens, ingénieurs, cadres) et ... un déclin des métiers peu qualifiés dans l’industrie et l’agriculture.

Informatique, industrie, banque : l’essor continu des emplois qualifiés 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 1982 et 2012, la part dans l’emploi « des familles professionnelles les plus qualifiées » en France est passée de 25,2% à 36%.

L’essor le plus impressionnant est – sans surprise - celui des effectifs d’ingénieurs informaticiens : ne comptant que 49 000 emplois environ au début des années 1980, le métier représentait déjà plus de 350 000 personnes en 2012, un passage d’un infime 0,2% à 1,4% en part de l’emploi global en France.

Autres progressions impressionnantes, les cadres et ingénieurs dans :

  • Les services administratifs, comptables et financiers (+ 414 000 emplois)
  • L’industrie (+148 000)
  • La banque-assurance (+135 000)

La tendance à la hausse des qualifications se retrouvent ainsi dans plusieurs secteurs et s’expliquent par plusieurs facteurs que Michel Tardit, coordinateur du Guide des secteurs qui recrutent, avait confié à l’Atelier de l’emploi en décembre dernier :

« Dans tous les secteurs, mais particulièrement dans ceux de la banque et l’assurance, la tendance est à l’élévation du niveau de qualification, notamment à l’embauche. Les recrutements à Bac+2 en effet se réduisent. La raison ? La crise s’est accompagnée d’un renforcement de la réglementation et la complexification des métiers comme des produits : ces deux secteurs ont particulièrement un besoin de compétences pointues pour répondre à ces nouvelles exigences ».

> Lire aussi : Michel Tardit : « Dans tous les secteurs, une tendance à l’élévation du niveau de qualification »

L’emploi peu qualifié porté par les services à la personne

De 24,2 à 20 ,6% de l’emploi total : les métiers les moins qualifiés ont vu leurs effectifs décliner fortement sur la période. Mais l’analyse n’est pas univoque, car si certains métiers semblent pour ainsi dire en voie de disparition, de nouveaux permettent de soutenir la part de l’emploi peu qualifié et présentent un potentiel important.

Point marquant de l’étude : la quasi-disparition de l’emploi non-qualifié dans l’industrie. Le rapport prend notamment l’exemple des ouvriers du textile et du cuir qui réunissait 277 000 personnes dans les années 80. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 20 000... Mondialisation, automatisation des tâches, concentration des exploitations, les facteurs sont nombreux et connus et produisent un phénomène similaire dans l’agriculture, en plus impressionnant encore : une perte d’1 million d’emplois, tous secteurs confondus (éleveurs, sylviculteurs, bûcherons, etc.).

> Lire aussi : Recrutement : ces métiers qui montent, qui montent

A contrario, les métiers des services à la personne (aides à domicile, aides ménagères et assistantes maternelles) ont triplé en 30 ans, passant de « 333 000 personnes (1,5% de l’emploi) à 992 000 personnes (3,9%) », souligne le rapport, ajoutant que « ce dynamisme s’explique pour partie par l’évolution démographique » de la France. Le boom de l’industrie du care n’a pas fini de faire parler de lui.

Crédit image : haru_q / CC BY-SA 2.0
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