Publié le 4 février 2015

La Bretagne, une économie numérique aux multiples facettes

Entre 2005 et 2010, le secteur du numérique en Bretagne  a connu une croissance de plus de 25%. Au point de représenter aujourd'hui 38.985 emplois.

Une étude de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Bretagne, publiée en décembre, détaille la répartition de ces emplois dans quatre secteurs d'activités :

Economie numérique bretonne

  • Avec 16 380 emplois, soit 42% des emplois de l'économie numérique, les activités de services représentent la branche la plus importante. Au-delà de son poids en termes d'emplois, les services se caractérisent par leur concentration dans des petites et très petites entreprises, puisque 80% des établissements de services comptent moins de cinq salariés.
  • La fabrication, deuxième secteur d'activités avec 29% des emplois, se concentre quant à elle dans des grandes entreprises telles que Thalès.
  • Viennent ensuite les télécoms, qui représentent 22% des emplois répartis en majorité dans trois géants, Orange, Alcatel-Lucent et Sagem.
  • Enfin, les activités de distribution, commerce et réparation, avec 7% des emplois, sont des secteurs largement dominées par les entreprises unipersonnelles.

D'un point de vue territorial, emplois et activités sont concentrés au sein de trois pôles : Brest, Trégor-Goëlo et Rennes métropole, qui a reçue en novembre dernier le label French Tech et qui concentre à elle seule 50% des emplois.

Dynamique, l'économie numérique bretonne est surtout reconnue pour sa capacité à infuser l'innovation dans les secteurs économiques plus traditionnels, comme les activités industrielles ou l'économie maritime. Mais c'est aussi par sa capacité d'invention que l'économie numérique bretonne se distingue : entre 1999 et 2009, la Bretagne est devenue la troisième région française la plus active en termes de demandes de brevets TIC auprès de l'Office européen des brevets, relève le bilan de la CCI Bretagne.

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Au-delà du territoire : le paradoxe difficulté de recrutement / hausse du chômage

code-emploi-numerique

Cette attractivité des territoires est cruciale. Car sur le plan national, le constat est connu : si l'économie numérique est souvent présentée comme un secteur à fort taux d'activité avec des métiers en tension, les derniers chiffres laissent penser qu'il n'est pour autant pas épargné pas la hausse du chômage. En 2014, celui-ci afficherait une progression de 8,9 %, toutes catégories confondues.

"Si la pénurie générale est un mythe, il est vrai qu’il y a pénurie de profils très spécialisés : des développeurs confirmés sur certaines technologies, dans le cloud computing, le big data, la sécurité informatique, l’informatique collaborative, les réseaux sociaux, les applis mobiles... Ceci dit, les réseaux sont de plus en plus auto-administrés. Et la tendance est à l’industrialisation du développement, à la réutilisation d’outils existants. Le numérique détruit aussi de l’emploi... au sein du numérique", explique Régis Granarolo, président du Munci.

Selon le baromètre des métiers numérique édité par CapDigital, développeurs, administrateurs de réseaux, chefs de projet web ou encore analyste de données et experts en sécurité sont les métiers où la pénurie de candidats est la plus forte. Ce même baromètre constate que si "les entreprises recherchent de plus en plus de personnes compétentes dans le numérique, en particulier des développeurs, le volume de candidats n'augmente pas sufisamment vite ce qui accroît les tensions sur le marché du recrutement des métiers du numérique".

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De la nécessité d'initiatives locales en faveur de l'emploi

territoire-numerique-emploiSur le terrain, les initiatives locales en phase avec les besoins réels des entreprises (identifiés sur des postes précis et sur des compétences spécifiques requises) sont donc d'autant plus nécessaires. En Bretagne, Pen Breizh, un dispositif pour la formation de demandeurs d'emploi aux métiers du numérique, réunissant Pôle emploi, ManpowerGroup, Syntec numérique et l'Université de Rennes 1, a été mis en place en 2013. L'objectif : former des demandeurs d'emplois aux métiers en tension dans la région en collant aux besoins réels des entreprises. En 2014,  ce sont 69 candidats qui ont été formés dans les métiers du développement, de l'exploitation, de l'infrastructure et des supports. 65 d'entre-eux ont été recrutés suite à leur formation. Quatre organismes de formation sont alors intervenus : l'Afpa, l'Imie (l'école de la filière numérique), Rennes 1 et FuturSkill.

La clé du succès ? La mobilisation de tous les acteurs du territoires, notamment les entreprises, collectivités locales, le monde de l'éducation et les opérateurs publics dans une visée commune en faveur de l'emploi. C'est dans cette optique qu'a été signé en janvier un partenariat entre Syntec Numérique et la Fondation Agissons pour l’Emploi sous égide de FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion), afin de faciliter l’insertion professionnelle des personnes en recherche d’emploi. "Forte de la réussite de Pen Breizh, la Fondation Agissons pour l’Emploi a souhaité lui donner une envergure nationale en s’associant au Syntec Numérique", explique Alain Roumilhac, président de la Fondation Agissons pour l’Emploi et de ManpowerGroup France.

 

> Retrouvez l'action de la Fondation Agissons pour l'Emploi en infographie :

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